CR Week-end de l’ascension dans le Périgord du 14 au 17 mai 2015

Je voudrais commencer par remercier Bernard pour la patate chaude qu’il m’a refilée en me passant du beurre dans le dos pour que j’accepte d’écrire ce compte rendu !
Espèce de salopard ! Je t’adore !
Déjà, le simple fait de me mettre au clavier pour rédiger ces quelques lignes me replonge quelques années en arrière, lorsque j’avais la lourde tâche de raconter les sorties Chapter.
Cela me rajeunit de quelques mois de mai, mais l’angoisse de la page blanche me reprend tout à coup ! Comment vais-je m’y prendre ?
À l’époque, j’essayais à chaque fois de trouver, une idée, un fil conducteur qui puisse rendre le récit plus vivant, plus attractif en particulier pour ceux qui n’avaient pas participé à la sortie.
Cette fois-ci, je n’ai pris aucune note, à peine quelques photos et je le déplore car nous avons vécu durant 4 jours tant de bons moments, d’anecdotes, vu tant de beaux endroits,  « goûté » tant de mets qu’Épicure n’aurait pas reniés qu’il va m’être difficile d’être exhaustif et de tout remettre dans le bon ordre !

Je vais donc tenter de vous conter nos aventures pèle mêle au fur et à mesure qu’elles reviennent à ma mémoire encore embrumée.
Pour les photos, c’est Patrick qui s’y est collé comme d’habitude. Avec tout le talent qu’on lui connait, je ne suis pas inquiet, j’espère simplement qu’il me les envoie très vite pour aider ma mémoire !

DSC_5719Tout commença sous la pluie sur le parking de notre lieu de RDV Arnageois où Alain et Babette étaient les premiers arrivés – il faut saluer là la politesse et le savoir vivre des nouveaux membres, déjà un bon point pour eux.

Ils n’avaient pas oublié « eux », le dernier rappel de notre charmante secrétaire précisant : « Rdv 7h30 pleins faits pour départs à 7h 45 ».

C’est donc plutôt vers 8h00 (car tous n’avaient pas lu le mail), alors que le ciel avait décidé de nous épargner, que le convoi s’ébroua.

DSC_5726Martial en tant que Safety Officer en chef imposa sa loi (jeu de mot), épaulé par quatre autres équipages, volontaires désignés d’office !
Nous partîmes 17 motos plus une allemande à quatre pattes pour l’intendance, pilotée par Marie.
Et par un prompt renfort nous nous retrouvâmes 20 à Château-du-Loir où nous retrouvions Jean-luc et Fabienne organisateurs du Trip, puis presque 21, à l’heure du déjeuner, lorsque certains dont, par compassion, je tairais le nom, eurent enfin compris qu’il fallait mettre un peu d’essence dans le réservoir pour que leur monture puisse leur permettre de rester au sein du convoi !
DSC_5757Notre première journée, bien plus qu’une étape de liaison vers le Périgord Noir, fut un régal pour les bikers poètes que nous sommes.
DSC_5743Quel plaisir de traverser la France profonde par son centre, passer de villages en villages, Yzeures-sur-Creuse, Mortemart, Chalus, franchir ses cours d’eau, en serpentant le long de routes intemporelles à la manière de Charles Trenet lorsqu’il chantait « Nationale 7 ».
Le ciel nous avait à l’œil, mais ne versa aucune larmes, il nous épargna. C’est à peine si quelques gouttes vinrent par ci par là, humecter nos visières.
Le temps ne fut pas à la crème solaire ni aux Ray-Ban, néanmoins, suffisamment clément pour savourer la balade sur un ruban aux courbes bien sèches.
DSC_5756C’est vers 19h30 que nous arrivâmes au domaine  « Le Montant » finalement plus humides de l’intérieur sous nos tenues étanches, qu’à l’extérieur.
DSC_5764Il fallut un peu de temps pour que chacun trouve son logis. Ceci fut fait après avoir remis un peu de désordre dans la liste surréaliste de numéros imaginaires des bungalows attribués dans laquelle même la propriétaire ne s’y retrouvait pas. DSC_5782Après moult demi tours pétaradants, au grand déplaisir des voisins, nous nous retrouvâmes sous le Barnum des familles Zavatta et Pinder (Lolo, Fred, Martial et Bruno) qui pour l’occasion nous invitèrent à trinquer tous ensemble au plaisirs de se retrouver ou de se rencontrer. »

« toc, toc, toc, …qui est là ?…. C’est Ilan !…Ilan qui ?…. Ilan faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux !…. »

IMG_3609Ça y était, le délire pouvait commencer… !!!
Les Agapes nocturnes furent raisonnables et consommées sur place à l’auberge du camp dans une ambiance très gay friendly, puisque Nono la blonde emperruquée déclara fougueusement sa flamme à son partenaire de dortoir, le petit  « Martialou » exhibant fièrement son tout dernier bermuda rose en accord parfait avec sa chevelure bleue du meilleur goût.

DSC_5784La météo se déchaîna durant toute la nuit comme si le ciel, n’en pouvant plus de se retenir, relâchait d’un coup toute la pression accumulée durant la journée pour nous avoir épargnés.
Les crépitements incessants des gouttes sur le toit de nos cabanes perturbèrent un peu nos sommeils mais au matin, tout fut oublié lorsque la pluie cessa miraculeusement pour le petit déjeuner puis quelques minutes à peine après que les V-Twins se soient mis en branle.
Jean Luc et Fabienne nous avaient concocté un programme riche et varié pour découvrir cette magnifique région qu’ils ont adopté depuis quelques années et qu’ils connaissent comme leurs poches.
DSC_5831Pour commencer, c’est vers la Roque Gageac que Jean-Luc nous mena.
Le village, niché entre falaise et Dordogne, est classé parmi les Plus Beaux Villages de France.
Le meilleur moyen de l’admirer c’est d’embarquer à bord des fameuses gabarres pour une balade sur la Dordogne. Ces bateaux traditionnels à fond plats, étaient utilisés autrefois pour transporter les marchandises le long de la rivière. Je me contente de ne répéter que ce nous expliqua notre sympathique guide érudite, jeune ingénieur en recherche d’emploi.
DSC_5851Les jeux de lumières, variant sans cesse entre ombre et lumière de ce début journée furent propices aux photos des maisons dorées aux toits de lauze et de tuiles brunes qui se mirent dans la rivière. Le Château de Castelnaud dominant la Dordogne, fut sans aucun doute le point d’orgue de notre croisière. Après une heure de navigation, il fallait respecter le timing et reprendre la route pour rejoindre par les méandres de petites routes campagnardes notre étape du déjeuner.
DSC_5953C’est à Martel dans le Lot que nous posions nos béquilles dans une ruelle au pied de l’estaminet « Au Hazard Baltazard ». Au rez-de-chaussée, nous entrons dans une boutique d’antan « le comptoir des Bouriettes » au désordre savamment entretenu. Sur les étagères abondance de produits du terroir vous invitent à nous mettre aux fourneaux.
DSC_5960Lorsqu’enfin l’eau nous vint à la bouche, c’est à l’étage que nous découvrions la table dressée pour déguster les produits maison : foies gras, cuisses confites dorées à point, foie gras poêlé sans sel (pour le régime de votre serviteur) etc…

Voici le lien pour visionner la vidéo du départ du groupe :
https://youtu.be/gRIVVlyig0g

DSC_6006Nos bikers repus et contents reprirent la route avec un cran en moins à la ceinture, les sacoches empesées de quelques victuailles locales direction  le Gouffre de Padirac. C’est la plus célèbre curiosité géologique de France que nous découvrons ou redécouvrons. Un peu d’exercice pour descendre à plus de 100 m dans les entrailles de la terre puis pour embarquer sur la rivière souterraine et admirer le travail somptueux de découpage de concrétions réalisé par dame nature depuis des millions d’année.

DSC_6019« Mon Amour est parti avec le loup dans les grottes de Rock-Amadour… »
Le rythme rock’n’roll de notre journée ne se relâchait pas, puisque c’est à Rocamadour que nous posons nos V-Twins pour la dernière étape de cette deuxième journée.
Rocamadour, perché comme un nid d’aigle, vaut bien un petit détour et l’effort de monter tout là-haut, rendre une petite visite à notre dame de Rocamadour, la vierge noire.
Après une belle montée d’escaliers très salutaire pour évacuer une partie des excès du déjeuner et une balade dans la rue de la Couronnerie bordée de maisons médiévales, il est temps de repartir vers Sarlat via les causses et Gourdon.
DSC_5830Beaucoup de motos sur place avec le passage du rallye Club 14 créent quelques embouteillages, un peu de confusion au moment du départ, pour une fois en avance sur l’horaire.
Le convoi redémarre sans prendre garde si tous les équipages étaient présents et ce qui devait arriver arriva !
Johnny et Laetitia, alias Guy et Michèle, se retrouvent abandonnés sur le parking lorsqu’ils reviennent à l’heure pour repartir. Amertume et déconvenue pour nos amis !
Heureusement, « l’idole des jeunes » n’est pas restée les deux pieds dans la même « blue sweet shoes » et « seul » il voulait « rester vivant » sans que « les portes du pénitencier » ne se referment « quand revient la nuit ». Il fit appel à ses « souvenir souvenir » et « Gabrielle » « je te promets » que « j’ai l’envie » de rentrer au camping pour écouter « toute la musique que j’aime » et « que ma Harley repose en paix ». Bref, ils retrouvèrent leur chemin !
IMG_3722Tout était bien qui finissait bien puisque tout le monde était rentré au bercail. Après quelques plates excuses les plus sincères tout se termina un fois encore dans la joie et la bonne humeur, d’abord sous le barnum Zavatta Pinder avec combat de Sumo à l’affiche.
Alain et Babette, nous firent alors la surprise de nous offrir pour nous mettre en appétit, s’il en était besoin, apéro, petits fours et canapés au foie gras pour fêter leur entrée au Chapter. Deuxième bon point. L’examen d’entrée est concluant.
La soirée se poursuivit à l’auberge du camp. L’animation fut assurée par notre équipe de clowns attitrés et par un défilé de pin-up aux poitrines très avantageuses, tout à fait naturelles bien sûr.
De quoi faire blêmir Jane Birkin.

DSC_6069Déjà samedi, dernière journée avant d’entamer la route du retour.
Programme beaucoup plus cool avec en point d’orgue une matinée consacrée au marché de Sarlat.
Imaginez un cœur de ville historique où les maisons construites en pierres calcaires ton ocres s’enchevêtrent les unes dans les autre. Des rues pavées comme elles l’étaient au moyen âge, et des camelots dans tous les sens, dans toutes les rues, c’est énorme !
Le marché de Sarlat est une institution qu’il ne fallait pas manquer, c’est pourquoi Jean-Luc tenais beaucoup à nous le faire découvrir.

DSC_6030Toute la bande se dispersa par petits groupes en allant se perdre dans les innombrables ruelles. Dès 10 heures du matin, certains se promenaient déjà en dégustant des figues fourrée au foie gras, un régime sa s’entretient !
D’autres faisaient des provisions à emporter de produits du terroir. Quelle aubaine que Marie soit venue en voiture, elle ne repartirait pas à vide.

DSC_6098Nous reprenons la route vers Domme à une dizaine de kilomètres de Sarlat. Perché sur une falaise vertigineuse Domme nous offre une vue exceptionnelle sur la vallée de la Dordogne et les Plus Beaux Villages voisins de La Roque-Gageac et Beynac-et-Cazenac. Il s’agit d’une bastide aux pierres dorées typique de cette vallée de la Dordogne. Une petite balade à pied quelques photos de groupe avec les couleurs du Chapter et nous repartons sous les yeux ébahis des badauds surpris par l’anachronisme du vacarme de nos machines et la quiétude intemporel du lieu. DSC_6110Midi, l’heure tant attendue par les gourmets de la troupe. Nous ne serons pas déçus. Jean Luc nous a fait une belle surprise en nous réservant une tablée à la ferme auberge Du Maraval.
Situé au cœur du Périgord noir, cet ancien séchoir à tabac restauré a gardé toute son authenticité de même que ces propriétaires, cousin et cousine, périgourdins pur jus qui nous ont gavés de salade périgourdine, de civet de canard et autre tarte aux noix, le tout arrosé de vin de cahors bien corsé.
DSC_6114Un endroit incontournable, authentique, d’où nous sommes ressortis plus que rassasiés mais heureux de ce partage particulièrement convivial.
Les kilos s’accumulent, 1, 2, 3 en trois jours. Au retour du week-end, les balances délivreront leur verdict !
DSC_6126L’après-midi sera consacrée à la visite de deux sites troglodytiques : La Roque Saint Christophe et la Maison forte de Reignac. Au sein même d’une falaise abrupte surplombant la Vézère ces deux sites recèlent à la fois une curiosité naturelle par ces cavités profondes creusées par l’eau durant des millénaires et l’histoire d’une civilisation qui les aménagea au cours des siècles pour y vivre.
Si le premier site attira la curiosité de la majorité, le deuxième vit une partie du groupe préférer s’adonner à une petite sieste digestive dans l’herbe fraiche du bord de rivière.

DSC_6159Nous voici de retour au camp pour notre dernière soirée. Une fois encore le désormais rituel RDV sous le barnum Pinder Zavatta pour apéro et petits fours, restes de la veille, puis soirée de gala à l’auberge du camp. Nos animateurs préférés avaient encore une fois tout prévu façon repas de famille à l’ancienne avec cahiers de chants, petits chapeaux et cotillons.
IMG_3728Les talents se succédèrent avec plus ou moins de bonheur pour pousser la chansonnette, encouragé par Bernard qui nous dévoila ses talents d’harmoniciste, accompagné à la guitare électrique au design futuriste par Manitas de Hita.
Les cœurs s’élevèrent pour entonner les rengaines d’antan. Même si il fut parfois compliqué de trouver l’octave, le plaisir d’être ensemble était évident et la joie dans les cœurs !
Des anecdotes il en y eut à la pelle, je ne peux me souvenir de toutes, en tout cas ce fut un week-end intense et amical comme on les aime depuis déjà bien longtemps au Le Mans Legend Chapter !
Grâce à Jean-Luc et Fabienne, qui ont mis la barre bien haut, j’ai pour ce qui me concerne vécu de merveilleux moments parmi des gens très sympathiques. Merci à notre équipe de clowns (Lolo, Fred, Bruno et Martial) qui avaient préparé discrètement leur affaire bien en amont. Ils nous ont fait partager des moments d’animation d’intense rigolade, quel talent !
Allez, maintenant je peux vous le dire : je ne regrette pas de m’être réinscrit au Le Mans Legend Chapter, ce week-end m’en a convaincu.
Encore bravo !!!

Je passe la main pour le dernier jour, car nous avons été contraint de rentrer au Mans dès dimanche matin.

Philippe Chevalier

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Dimanche matin : départ 10 heures – synonyme de grasse matinée.
Il faut dire que la veille au soir, comme les autres soirs après le repas, c’était de nouveau rendez-vous chez la bande de déjantés pour la dégustation de rhum Papa, Lemoncelo, menthe pastille et autres breuvages qui aident les uns à dormir, et les autres à ronfler. Tout ceci accompagné de la fumée de cigare de notre ami Bernard.
Juste le temps de « décéllophaniser » les motos pour certains, pour d’autres la voiture, voire le mobil-home, ce qui raccourci d’autant la durée de sommeil… Donc, à 10 heures, après avoir remercié le personnel du camping, c’est le départ direction Souillac puis Brive par une route aux courbes généreuses avant l’autoroute jusqu’à Limoges, pour un déjeuner dans un endroit encore atypique où l’on trouve une étable garnie de divers animaux derrière une vitrine à l’entrée du restaurant.
Puis de nouveau l’autoroute jusqu’à Châteauroux. Là, on sent bien que l’on est sur le retour d’un long week-end ! La prudence est de rigueur vu l’intensité du trafic.
Enfin, dernier ravitaillement pour les petits réservoirs à Chateau-du-Loir, où tout le monde se quitte après un week-end bien rempli.

Jean-Luc Duluard